Les missions de l’institut du CNRS, Nucléaire et Particules, le conduisent à contribuer aux développements d’instruments innovants pour des disciplines très diverses : de la recherche en physique fondamentale aux applications médicales en passant par l’astrophysique et la cosmologie. Ces instruments utilisent une multitude de détecteurs tels que des photodétecteurs, des détecteurs gazeux, des détecteur cryogéniques ou à base de semiconducteur. Tous nécessitent pour leurs lectures un pilotage et un traitement des données en temps réel grâce à des circuits intégrés spécifiques (ASIC), miniaturisés et de très hautes performances. C’est pour répondre à ces besoins spécifiques que se sont développées, au fil des années dans de nombreux laboratoires de l’institut, des compétences de très haut niveau en microélectronique. Ceci s’est fait sous l’impulsion de la physique des particules et a trouvé des applications originales dans d’autres domaines scientifiques pluridisciplinaires. Aujourd’hui, les développements deviennent de plus en plus complexes et nécessitent, pour les plus innovants, des équipes spécialisées de 5 à 10 micro-électroniciens. De plus, des besoins apparaissent dans des domaines qui traditionnellement pouvaient s’affranchir d’ASICs (physique nucléaire).
La Direction Technique de l’institut a initié il y a plusieurs années des actions visant à une plus grande intégration des développements, des échanges et des formations dans le domaine. Cette évolution s’est faite progressivement pour tenir compte du fonctionnement et de la culture des différents laboratoires. Elle a pu être observée en parallèle chez nos collègues d’autres pays comme à l’INFN en Italie, avec des succès très importants pour proposer des programmes nationaux de R&D extrêmement ambitieux.
Le CNRS Nucléaire et Particules a décidé de franchir une nouvelle étape dans ce sens en déployant une structuration plus forte de la microélectronique. Initiée en 2021, sous l’impulsion de Rodolphe Clédassou, Directeur technique Adjoint de l’institut à cette époque, cette organisation s’est traduite par la création de la MI2I (Microélectronique des 2 infinis). Son organisation est articulée autour d’un Comité Exécutif (Com’Ex) constitué de membres représentatifs de l’ensemble de la communauté microélectronique de l’IN2P3. Ce Com’Ex est l’organe en charge d’élaborer le plan d’actions de la MI2I visant à promouvoir le travail collaboratif et à s’organiser pour répondre aux mieux à l’évolution des expériences de physique. Cette structuration s’appuie sur 3 plateformes et 8 laboratoires représentant environ 80 agents. Le travail de la Mi2i est structuré autour de 3 axes :
- Axe 1 « Synergie » : communication, site Web, enseignement, lien avec l’El2i, événements (action ANF, réunion annuelle, Webinaire).
- Axe 2 « Outils » : moyen commun de conception, gestion des NDA et PDK, lien avec Cadence Design System.
- Axe 3 « Technologies » : R&T Design (ADC, TDC, briques technologies alternatives), veille et feuille de route technologique.



